jeudi 18 décembre 2008

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Soudan / » La communauté internationale attend un changement radical et immédiat de politique de la part des autorités soudanaises » / Déclaration du ministre français des Affaires Etrangères












Soudan / » La communauté internationale attend un changement radical et immédiat de politique de la part des autorités soudanaises » / Déclaration du ministre français des Affaires Etrangères



KARTHOUM, Soudan, 10 décembre 2008/African Press Organization (APO)/ — Actualités diplomatiques du ministère
français des Affaires étrangères / Point de presse du 09 décembre 2008



(…)



(Le président a donné quelques jours au président soudanais pour prendre des initiatives en faveur de la paix au Darfour. Qu’attendez-vous concrètement de M. Al-Bachir aujourd’hui ?)





Ce que la communauté internationale attend depuis déjà plusieurs mois, ce que le peuple du Soudan et notamment les populations du Darfour espèrent depuis plusieurs années, c’est un changement radical et immédiat de politique de la part des autorités soudanaises. Nous l’avons déjà exprimé, rien n’a changé. Vous savez que cela concerne à la fois la réalité du cessez-le-feu (nous avons eu des déclarations de cessez-le-feu suivies immédiatement d’opérations militaires), le déploiement de la présence internationale, l’engagement dans un dialogue politique réel, les obligations à l’égard de la Cour pénale internationale et les relations entre le Soudan et le Tchad, et la stabilisation régionale.





(Vous n’avez donc rien vu de tout cela ?)





Non, nous ne voyons rien de significatif. Il y a eu une déclaration de cessez-le-feu, immédiatement suivie d’opérations militaires, une prétendue déclaration d’arrestation de M. Kushayb qui n’est pas suivie d’effet dans la réalité.



Nous sommes donc très loin de ce qui est demandé par la communauté internationale et de ce qui a été rappelé par les autorités françaises.



(Au départ la France souhaitait parler avec M. Al-Bachir, puisque le président l’a rencontré à Doha. La France change-t-elle maintenant de position ?)





Il n’y a aucun changement. Les principes sont toujours ceux que je viens de vous rappeler. Le fait que le président de la République ait rencontré le président Al-Bachir n’y change rien. Le chef de l’Etat lui a rappelé ce qui était attendu des autorités soudanaises.



(Cette position française découle-t-elle de l’entretien qu’a eu le président de la République avec M. Al-Bachir à Doha ?)





Les autorités françaises - le président de la République, comme le ministre des Affaires étrangères et européennes - ont indiqué aux autorités soudanaises, et cela a été de nouveau le cas lors de cet entretien à Doha, ce qui est attendu : un changement radical et immédiat de politique de la part des autorités soudanaises.



(Cela peut se faire en quatre ou cinq jours, comme l’a dit le président de la République ?)





Cela fait des mois que la Communauté internationale attend, donc si ce changement intervenait rapidement ce serait très positif. Mais pour le moment, nous n’avons pas constaté de réels changements.





(Est-ce que c’est réalisable ?)





Je pense qu’il est réalisable à la fois de mettre en oeuvre un cessez-le-feu effectif, de lever les obstacles au déploiement de la MINUAD, de s’engager concrètement dans le dialogue politique, de renforcer les liens pour la stabilisation avec les pays voisins et de respecter les obligations à l’égard de la Cour pénale internationale.





(On laisse tomber les poursuites ?)





Je viens de souligner qu’il fallait ”respecter les obligations à l’égard de la Cour pénale internationale”.





(Les poursuites contre M. Al-Bachir ?)





Le sujet n’est même pas sur la table. Ce qui est attendu des autorités soudanaises, c’est un changement radical et immédiat de politique.





(Et si elles le font, qu’est-ce qu’elles y gagnent ?)





Il ne faut pas inverser la charge de la preuve. Il n’y a rien d’autre à attendre aujourd’hui de la part de la France en dehors du soutien au processus de paix et à la mise en oeuvre des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. Ce sont les autorités soudanaises qui doivent agir.



(Les autorités françaises ont un pouvoir de levier aux Nations unies, notamment au Conseil de sécurité. D’ailleurs hier, le procureur général de la Cour pénale internationale a encore fait allusion à la France en déplorant que certains pays soient prêts à retarder les procédures si Khartoum



faisait preuve d’une meilleure volonté.)





Je ne crois pas qu’il ait fait allusion à la France.



(Donc si M. Al-Bachir fait tout ce qu’on lui demande, on l’envoie tout de même devant la Cour pénale internationale ?)





Nous n’entrons pas dans une négociation avec les autorités soudanaises. Nous leur rappelons ce qui est attendu d’elles par la Communauté internationale.





(Si on ne lui promet rien, M. Bachir ne va rien faire.)





Il n’y a aucune raison de lui promettre quelque chose. Il lui est demandé par la Communauté internationale de respecter le droit international et les populations qui subissent encore aujourd’hui des bombardements.





(Où en sont les négociations envisagées à Doha ?)





C’est un sujet complètement différent. La France soutient l’initiative de Doha mais avec trois éléments importants à garder à l’esprit.

Le premier est que les négociations de Doha ne doivent pas avoir pour objectif de poser la question de la Cour pénale internationale et de l’article 16.

Deuxièmement, elles doivent donner toute la place au médiateur des Nations unies et de l’Union africaine, Djibril Bassolé, ancien ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, dont nous soutenons le travail remarquable et que Bernard Kouchner a encore reçu récemment. Troisièmement, ce processus doit également intégrer les deux principaux acteurs que sont le Mouvement Justice et Egalité (JEM) et le SLM.







SOURCE : France - Ministry of Foreign A

CONSEIL DE SÉCURITÉ: LE CHEF DE LA MINURCAT SOULIGNE QUE LA SITUATION AU TCHAD ET EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE DEMEURE PRÉCAIRE

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12/12/2008
Conseil de sécurité
CS/9536

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6042e séance – après-midi


CONSEIL DE SÉCURITÉ: LE CHEF DE LA MINURCAT SOULIGNE QUE LA SITUATION AU TCHAD ET EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE DEMEURE PRÉCAIRE


M. Victor da Silva Angelo souligne l’importance que les forces politiques tchadiennes confirment leur engagement démocratique


Le Conseil de sécurité a entendu cet après-midi un exposé de M. Victor da Silva Angelo, Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la Mission des Nations Unies en République centrafricaine et au Tchad (MINURCAT), a cours duquel celui-ci a brossé un tableau plutôt positif et encourageant sur le plan de la sécurité, sans cacher que la situation humanitaire demeurait critique. Parmi les cinq États Membres qui ont ensuite pris la parole, le représentant de la France a souligné que le moment n’était « pas venu pour la communauté internationale de relâcher ses efforts ».


M. da Silva Angelo a averti que l’effectif de 4 900 hommes autorisé par le Tchad dans l’est du pays était un « minimum » pour que la MINURCAT puisse accomplir son mandat. Le Secrétariat a activement œuvré pour faire en sorte qu’il n’y ait pas de vide sécuritaire au terme du mandat de l’EUFOR à la mi-mars 2009, a-t-il dit, en précisant que 16 pays s’étaient déclarés prêts à participer à la MINURCAT. La situation au Tchad demeure fragile, a constaté M. da Silva Angelo, précisant que le processus politique entamé par l’Accord de Syrte de 2007 entre Gouvernement et rébellion marquait le pas. Si l’EUFOR et la MINURCAT peuvent beaucoup pour stabiliser la situation, la stabilité du Tchad dépendait, au bout du compte, de l’engagement politique en faveur de la démocratie du Gouvernement et de l’opposition, a-t-il rappelé. Lors du débat, les représentants de l’Italie et du Costa Rica ont estimé indispensable d’aborder les causes profondes du conflit au Tchad.


Le représentant du Tchad a convenu qu’aucune force militaire ne pourrait assurer durablement la paix civile si le contexte politique à l’origine de l’insécurité ne changeait pas. Toutefois, a-t-il estimé, le règlement de la crise du Darfour sera la solution politique fondamentale à la situation dans l’est du Tchad. Le représentant de la République centrafricaine, a pour sa part, expliqué que son pays était en train de renaître après 20 ans de chaos. L’État centrafricain est encore trop fragile pour répondre à toutes ses obligations régaliennes et c’est la raison pour laquelle il a besoin de l’assistance de la communauté internationale.



LA SITUATION AU TCHAD, EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE ET DANS LA SOUS-RÉGION


Rapport du Secrétaire général sur la Mission des Nations Unies en République centrafricaine et au Tchad (S/2008/760)


Dans ce rapport, soumis en application de la résolution 1834 adoptée par le Conseil de sécurité le 24 septembre 2008, le Secrétaire général rend compte des faits survenus en relation avec le mandat de la Mission des Nations Unies en République centrafricaine et au Tchad (MINURCAT) depuis son rapport du 12 septembre 2008. Le rapport décrit notamment la préparation, en collaboration étroite avec l’Union européenne, de la passation des pouvoirs entre la Force européenne (EUFOR) et la composante militaire des Nations Unies que le Conseil a exprimé son intention de déployer au Tchad et en République centrafricaine, ainsi que le concept d’opération de cette Force. Le mandat de l’EUFOR, autorisée par le Conseil de sécurité le 25 septembre 2007 dans sa résolution 1778 et qui compte 3 300 hommes, dont environ 200 en République centrafricaine, s’achèvera le 15 mars 2009.


Le Secrétaire général estime que les récentes mesures prises par les Gouvernements tchadien et soudanais pour normaliser leurs relations, notamment la reprise des relations diplomatiques, témoignent de leur intention de s’attaquer aux causes de l’instabilité à l’échelle régionale. Il y voit des « avancées positives » qui doivent être renforcées pour que la stabilité puisse être rétablie dans la région et que les vies des personnes touchées ne soient plus en danger. Il rend hommage au rôle joué par la Jamahiriya arabe libyenne pour favoriser le dialogue entre les parties et rappelle qu’il reste disposé à offrir ses bons offices. M. Ban rappelle en outre qu’il demeure de la responsabilité des Gouvernements tchadien et soudanais de veiller à ce que leur territoire respectif ne serve pas de refuge à des groupes d’opposition armés. Le Secrétaire général ajoute toutefois que tous les efforts entrepris resteront stériles à long terme si les deux problèmes fondamentaux que sont l’impunité et l’opposition armée ne sont pas entièrement réglés.


Le Secrétaire général note que la situation en matière de sécurité, notamment dans l’est du Tchad, est demeurée inchangée et que la fin de la saison augmente les possibilités d’attaques des rebelles. Les vols de voitures occupées, vols à main armée et crimes visant le personnel humanitaire et les citoyens et réfugiés tchadiens se sont poursuivis, alors que l’est du Tchad demeure confronté à une grave crise humanitaire, avec plus de 290 000 réfugiés soudanais, plus de 180 000 personnes déplacées, et 700 000 membres des communautés locales qui ont besoin de vivres, d’eau et de soins de santé. Le Secrétaire général estime que, « faute de conditions de sécurité suffisantes, il est peu probable que les réfugiés retournent dans leurs lieux d’origine » et qu’ils continueront donc à dépendre dans une large mesure de l’assistance extérieure, alors même que la poursuite d’attaques contre des organisations humanitaires menées par des bandits lourdement armés « a continué d’entraver considérablement les secours » et que « l’absence de sécurité dans le camp y empêche le retour des travailleurs humanitaires ».


Rappelant qu’au cours de l’année écoulée, l’EUFOR a contribué à faciliter l’acheminement de cette assistance, le Secrétaire général précise que les Nations Unies « ont élaboré et affiné encore un concept d’opérations » pour la force de remplacement des Nations Unies qui est « fondé sur le même mandat que celui de l’EUFOR ». Pour contrer la « menace de nature criminelle » constituée par les bandits équipés d’armements militaires, « y compris des armes lourdes », menace qu’il considère comme « la plus immédiate et la plus constante pesant sur la population civile et les opérations humanitaires », le Secrétaire général estime qu’il faut « davantage que des activités de police » que « la dissuasion militaire s’impose » et que « lorsqu’elle ne suffit pas, l’intervention militaire est nécessaire ».


C’est pourquoi, le Secrétaire général propose que les activités opérationnelles de la force de la MINURCAT visent à « prévenir les hostilités, rassurer la population civile, améliorer l’acheminement de l’assistance humanitaire, exécuter le mandat de la MINURCAT et assurer la protection du personnel et des installations des Nations Unies ».


Le Secrétaire général estime désormais que les effectifs requis pour la composante militaire de la MINURCAT s’élèvent à « 4 900 hommes au minimum ». Il « rend hommage à l’esprit constructif » qui a animé le dialogue entre l’ONU et le Gouvernement tchadien, en particulier avec le Président Idriss Déby qui a accepté ce chiffre.


La MINURCAT est également déployée en République centrafricaine. Le Secrétaire général rappelle que le Gouvernement de ce pays s’est dit prêt à accepter une présence de la force des Nations Unies dans le nord-est de son territoire. Parmi les trois options qu’il avait proposées pour cette présence militaire, il recommande celle consistant en un petit détachement militaire d’une quinzaine d’officiers « chargé d’assurer la liaison avec les autorités locales et les principaux acteurs, de maintenir une connaissance circonscrite de la situation, et d’évaluer l’état de l’aérodrome de Birao et déterminer les travaux d’entretien nécessaires ».


Déclarations


M. VICTOR DA SILVA ANGELO, Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la Mission des Nations Unies en République centrafricaine et au Tchad, a rappelé que le Conseil avait autorisé par sa résolution 1834 (2008) le déploiement d’une force militaire devant succéder à la Force européenne EUFOR. Après avoir exprimé des réticences, le Président Idriss Déby du Tchad a autorisé le déploiement de 4 900 hommes dans l’est du pays. M. Da Silva a souligné qu’il s’agissait d’un « minimum » et que tout nouvel ajustement ultérieur éventuel aurait un impact négatif pour que la force puisse remplir son mandat. Concernant la demande du Conseil de déployer des effectifs dans le nord-est de la République centrafricaine, le rapport signale que la force devrait être plus visible et plus importante que l’EUFOR. En attendant, le Secrétariat a œuvré activement pour faire en sorte qu’il n’y ait pas de vide sécuritaire à la fin du mandat de l’EUFOR. Seize pays ont indiqué leur disponibilité à considérer positivement une participation à la MINURCAT.


La MINURCAT exigera un soutien fort des États Membres, a-t-il souligné. La force des Nations Unies devra être très mobile et les unités fournies devront répondre aux besoins. Pour réussir, la force devrait aussi exercer une totale liberté de mouvement. Avant son déploiement, un accord sur son statut devra être conclu avec le Tchad et la République centrafricaine. Une équipe d’experts techniques expérimentés se rendra, la semaine prochaine, dans la région afin d’avoir des consultations avec les autorités nationales sur des questions juridiques et administratives.


La situation au Tchad demeure fragile, a constaté M. da Silva Angelo. Les progrès dans la mise en œuvre de l’Accord de Syrte du 25 octobre 2007 entre le Gouvernement tchadien et les principaux groupes rebelles ont été limités. Les deux parties ont, semble-t-il, renforcé leur position de part et d’autre de la frontière ces derniers mois. Le Représentant spécial a cependant qualifié d’encourageantes les réunions du groupe de contact et la reprise des relations diplomatiques entre le Tchad et le Soudan. La MINURCAT continuera de soutenir le groupe de contact car la normalisation des relations entre les deux pays est un élément critique pour l’amélioration de la sécurité dans la région. Sur le plan humanitaire, une situation de crise sérieuse demeure. M. Da Silva Angelo a jugé très troublantes les activités militantes dans les camps, notamment le recrutement d’enfants soldats. Il s’est dit tout aussi inquiet du fait que les travailleurs humanitaires soient régulièrement pris pour cibles.


Sur le plan des ressources, le fonds de la MINURCAT a reçu plus de 19 millions de dollars de contribution sur les 23 millions nécessaires pour soutenir le Détachement intégré de sécurité (DIS). Toutefois, le rythme des dépenses est plus rapide que prévu, a-t-il averti, rappelant qu’une conférence internationale de donateurs était prévue à Bruxelles au début 2009. Il a rappelé en conclusion que si la MINURCAT avait un grand rôle à jouer pour créer un environnement sécuritaire susceptible de permettre le retour des personnes déplacées, il était tout aussi important de rappeler que la stabilité du Tchad dépendait en dernière analyse du sérieux de l’engagement des autorités et de l’opposition dans un dialogue démocratique.


M. FERNAND POUKRÉ-KONO (République centrafricaine) a déclaré que le rapport du Secrétaire général a suscité quelques interrogations, notamment celle concernant l’aptitude des forces de sécurité centrafricaines à assurer la sécurité dans le nord-est du pays. La problématique sécuritaire en République centrafricaine reste d’actualité, a-t-il affirmé, du fait de la situation générale de la région. La République centrafricaine est en train de renaître après 20 ans de chaos, a-t-il expliqué, et l’État centrafricain est encore trop fragile pour répondre à toutes ses obligations régaliennes et c’est pourquoi, il a besoin de l’assistance de la communauté internationale. Le représentant a regretté que le rapport du Secrétaire général n’ait rien dit des relations avec son pays, en dehors des trois options présentées pour la présence militaire de la MINURCAT et a estimé que les conclusions du rapport « ne sont pas convaincantes ». Il a également estimé que la stabilité actuelle dans le nord-est de son pays est due à la présence de l’EUFOR. Il a donc demandé que soit maintenu, après le départ de celle-ci, un détachement « d’environ 500 hommes » dans la région pour des raisons humanitaires, sécuritaires et économiques.


M. AHMAD ALLAM-MI (Tchad) a souligné que le mandat initial semblait « bon et clair » alors que la présence internationale dans l’est de son pays n’est « pas une opération de maintien de la paix classique ». « Nous ne sommes pas loin d’arrêter des conclusions finales communes devant permettre une planification immédiate » de la force en vue d’un transfert d’autorité efficace dès la mi-mars 2009 entre cette nouvelle force et l’EUFOR. Le Gouvernement tchadien estime qu’il n’y a pas lieu de lui donner un mandat politique Notre position vise simplement à gagner en efficacité pour que les médiations en cours ne soient pas doublées pour être compliquées inutilement », a-t-il précisé.


« Nous convenons avec ceux qui pensent qu’aucune force militaire ne pourra assurer durablement la sécurité si le contexte politique à l’origine de l’insécurité ne change pas », a ajouté M. Allam-Mi. « Mais nous n’oublions pas que la force doit être au service du droit et que cette force doit être supérieure à celle des groupes illégaux entretenus par l’extérieur. » Le Tchad estime que l’origine de son insécurité vient de l’Est, déstabilisé par la crise du Darfour. Le représentant a ajouté que « sans vouloir envenimer l’état de ses relations avec le Soudan, pays voisin frère », le Gouvernement tchadien ne comprend pas les observations de certains tendant à « mettre sur le même pied d’égalité l’agresseur et la victime ». Au Tchad, a-t-il assuré, il n’y a pas de volonté politique de favoriser l’insécurité ou l’impunité. « Il n’y a une faiblesse de nos capacités face à l’ampleur des défis sur le terrain », a-t-il reconnu. Le Tchad estime donc que « le règlement de la crise du Darfour sera, sans nul doute, la solution politique fondamentale à la situation dans l’est du Tchad ». Le Tchad n’a l’intention de ménager aucun effort pour aider à la réussite des pourparlers de paix. « Aucun mouvement rebelle soudanais du Darfour n’a reçu et ne recevra le soutien du Tchad, sauf pour servir la paix », a-t-il assuré.


Enfin, le représentant tchadien a remercié la France « qui est l’initiatrice et l’élément principal de cette opération salvatrice ». Il a souligné que, « contrairement aux allégations de certains contre ce pays ami de longue date » du Tchad, « l’opération ne vise pas à soutenir un régime mais à aider un pays et ses populations ».


M. JORGE URBINA (Costa Rica) a estimé qu’il était rare que les représentants des pays de la région présentent des exposés aussi intéressants et positifs et les en a remerciés. Il a déclaré partager l’analyse du Secrétaire général sur la nécessaire capacité de riposte, y compris aérienne, de la composante militaire à déployer de la MINURCAT. Compte tenu des demandes répétées du Gouvernement de la République centrafricaine, il a souhaité une discussion productive sur la viabilité et l’efficacité des trois options présentées pour le déploiement de la composante militaire de la MINURCAT en République centrafricaine.


M. Urbina a rappelé que le Conseil de sécurité devrait s’attaquer aux causes profondes du conflit. Il s’est donc félicité de l’aide apportée à la MINURCAT en matière de bonne gouvernance, de prévention des violences sexuelles ou de formation du Détachement intégré de sécurité (DIS) tchadien. Il a estimé que ce type d’appui peut être encore renforcé. Il a aussi souhaité un appui au Gouvernement tchadien dans la lutte contre l’impunité des auteurs d’attaques, y compris contre les travailleurs humanitaires. Le représentant a, une nouvelle fois, condamné les attaques contre ces derniers et a souhaité que le déploiement de la deuxième phase de la MINURCAT permette de porter secours aux réfugiés. Il s’est par ailleurs félicité de l’amélioration des relations entre le Tchad et le Soudan.


M. JEAN-MAURICE RIPERT (France) s’est félicité des observations positives faites par les représentants du Tchad et de la République centrafricaine. Il a noté que la situation des populations demeurait précaire. La France est « très préoccupée par les informations faisant état de recrutements par des groupes armés dans les camps de réfugiés et de déplacés », a-t-il ajouté. Le représentant a partagé par ailleurs l’évaluation du Secrétaire général sur les « résultats positifs » de l’EUFOR au Tchad et en République centrafricaine, qui a permis l’amélioration des conditions de sécurité de l’aide humanitaire qui est distribuée. « Certes, tous les problèmes ne sont pas résolus –loin s’en faut- et le moment n’est pas venu pour la communauté internationale de relâcher ses efforts », a-t-il constaté. L’EUFOR, qui est la plus importante opération militaire européenne déployée à ce jour, a rappelé M. Ripert, est « une nouvelle illustration importante de l’appui concret que l’Union européenne peut apporter à l’action des Nations Unies.


Concernant le déploiement de la composante militaire devant succéder à l’EUFOR, il convient de ne pas laisser s’établir un vide dans le nord-est de la République centrafricaine, comme celui qui avait contribué à déstabiliser la région il y a deux ans, a-t-il rappelé. L’échéance du 15 mars 2009, fin du mandat de l’EUFOR, est proche, a-t-il rappelé, réitérant « l’importance que les Nations Unies soient au rendez-vous ». La délégation française diffusera prochainement un projet de résolution « pour permettre au transfert d’autorité entre l’Union européenne et les Nations Unies d’intervenir dans les meilleures conditions ».


M. GIULIO TERZI DI SAN’AGATA (Italie) s’est réjoui de l’amélioration des relations entre le Soudan et le Tchad, qu’il considère comme un espoir d’une amélioration de la sécurité dans l’est du Tchad. Il semble toutefois nécessaire de maintenir un cadre de sécurité, a-t-il ajouté, estimant que le passage de l’EUFOR à une opération de l’ONU servira cet objectif. En même temps, il est indispensable d’aborder les causes profondes du conflit au Tchad, a-t-il rappelé. Le représentant s’est dit par ailleurs satisfait des effectifs proposés par le Secrétaire général pour la composante militaire de la MINURCAT, qui est en forte baisse. Le représentant a estimé qu’il était logique que, si l’on remplace l’EUFOR au Tchad, il faudrait également le faire en République centrafricaine.


centre de presse de l'ONU
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Darfour : Les mandats d'arrêt contre des rebelles reportés pour plus d'information

Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo.

10 décembre 2008 – La Chambre préliminaire I de la Cour pénale internationale (CPI) a demandé des informations supplémentaires au Procureur de la Cour qui réclame que des mandats d'arrêts soient délivrés à l'encontre de trois commandants rebelles au Darfour (Soudan).

Le 20 novembre dernier, le Procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, avait présenté aux juges une requête aux fins de délivrance d'un mandat d'arrêt à l'encontre de trois commandants rebelles pour crimes de guerre, commis le 29 septembre 2007 à Haskanita, au Darfour à l'encontre de soldats du maintien de la paix de l'Union africaine.

La Chambre préliminaire I lui a demandé de lui communiquer au plus tard le 26 janvier 2009 ces informations et éléments supplémentaires à l'appui de sa requête.

L'affaire contre les trois commandants concernés est la troisième dans le cadre de la situation au Darfour.

Le 1er mai 2007, la Chambre préliminaire I avait délivré deux mandats d'arrêt contre Ahmad Muhammad Harun (ancien Ministre d'État chargé de l'intérieur au sein du gouvernement soudanais et actuel Ministre d'Etat chargé des affaires humanitaires) et Ali Muhammad Ali Abd-Al-Rahman (« Ali Kushayb », dirigeant de milices/Janjaouid) pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre.

La Chambre préliminaire I étudie également la requête présentée par le Procureur, le 14 juillet 2008, aux fins de délivrance d'un mandat d'arrêt à l'encontre du président soudanais Omar Al-Bachir.

La situation au Darfour a été déférée à la Cour pénale internationale, le 31 mars 2005, en vertu de la résolution 1593 (2005) du Conseil de sécurité des Nations Unies. Le Procureur a décidé d'ouvrir l'enquête le 6 juin 2005.

Centre de presse de l'ONU

vendredi 5 décembre 2008

Republique Centrafricaine: "Rentrer au Darfour? Même pas en rêve"



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RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE : « Rentrer au Darfour ? Même pas en rêve »

SAM OUANDJA, 27 novembre 2008 (IRIN) - Mahamat Oumar Ismaël est l’un des quelque 3 000 réfugiés soudanais arrivés en 2007 dans la région de Sam Ouandja, dans le nord-est de la République centrafricaine (RCA), pour fuir les persécutions au Darfour. Installé depuis lors avec sa famille sur le site de réfugiés situé aux abords de cette localité minière, il a raconté à IRIN que la sécurité était la priorité des résidents du site.« Le 14 mai 2007, nous avons vu arriver des avions au dessus de Dafak [ville de quelque 50 000 habitants au Darfour]. Ils ont bombardé la ville, nous avons dû tout abandonner pour fuir. Nous sommes partis à pied, les avions nous poursuivaient et bombardaient la route pour nous faire avancer plus vite. Ils ont continué jusqu’à ce qu’on arrive à la frontière [centrafricaine, à environ 120 kilomètres de là].« Les gens [ayant fui Dafak] sont partis dans tous les sens. Avec mes deux femmes et nos 13 enfants, et beaucoup d’autres, nous sommes venus vers Sam Ouandja, parce que c’était la ville la plus proche [à 80 kilomètres de la frontière soudanaise].« La population locale nous a très bien accueillis. Quand ils ont su que nous étions dans la brousse, ils sont venus nous chercher pour nous ramener plus près de la ville, ils nous ont montré un endroit où nous pouvions nous installer [sur l’actuel site du camp, à moins de deux kilomètres de la ville]. Ils nous ont montré les manguiers chez eux, ils ont dit que nous pouvions nous servir, ils nous ont donné des vêtements, des ustensiles de cuisine. Ensuite, des ONG [organisations non gouvernementales] sont arrivées, elles nous ont aidés.« Nous étions bien installés, mais le 8 novembre [2008] à 3h20 du matin, nous avons été réveillés par des tirs, des hommes armés attaquaient Sam Ouandja. Ca tirait beaucoup, partout, près du camp. Les femmes avaient très peur, elles ont pris les enfants, elles voulaient fuir. Avec les autres hommes, nous leur avons dit qu’il fallait attendre le jour et nous les avons forcées à rester. J’ai fermé la porte de la maison, j’ai fait coucher mes enfants par terre et nous avons attendu.« Vers 5h du matin, les FACA [Forces armées centrafricaines] et l’UFDR [l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement, une rébellion signataire d’un accord de paix avec le gouvernement] ont [contre-attaqué]. Le lendemain, nous avons trouvé des munitions dans le camp.« C’est à cause des fusils que nous sommes venus [en RCA]. On connaît tous trop bien ce bruit, même les enfants. Nous sommes venus chercher la sécurité, parce que nous ne l’avions pas chez nous. Mais maintenant nous avons peur, nous avons dit aux ONG que s’il n’y avait pas de sécurité ici, nous voulions nous déplacer plus loin. Nos bagages sont prêts, et si ça recommence, même si la maison est pleine de nourriture, nous partirons.« Dans le camp, je m’occupe de l’école, parce que l’éducation est notre avenir à tous. Chez nous, au Darfour, le gouvernement ne voulait pas que nous soyons éduqués. Ici, les enfants apprennent l’arabe, le français, un peu l’anglais. Jusqu’à maintenant, ils étaient tranquilles.« Mais la sécurité n’est plus suffisante. Ceux qui gardent la ville [les FACA et l’UFDR] ne sont pas assez nombreux, parfois ils boivent et ils tirent pour rien. Quand nous allons ramasser des fagots de bois ou travailler dans les champs, ils nous prennent de l’argent. Il faudrait que des casques bleus [onusiens] viennent en renfort, parce qu’il n’y a vraiment pas de sécurité.« Rentrer au Darfour ? Même pas en rêve. Je ne peux pas oublier ce que j’avais là-bas, mon troupeau, qui a été volé par les jamjawids [milices pro-gouvernementales], mon jardin avec les mangues, les pamplemousses, tous les fruits… C’est inoubliable. Mais je ne retournerai pas là-bas tant qu’il n’y aura pas la sécurité.
par Irin publié dans : L'AFRIQUE

vendredi 21 novembre 2008

Soudan: Ban, préoccupé par les combats, appelle les parties en conflit à la retenue

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Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est déclaré mercredi préoccupé par les informations indiquant une recrudescence des combats au Darfour (Soudan) et a appelé à la retenue toutes les parties en conflit.

« Lors des derniers jours, les Nations Unies ont reçu des informations concernant des bombardements près de Kutum dans le Nord-Darfour, ainsi que des informations sur des combats dans la zone de Tine, dans l'Ouest-Darfour, et le long de la frontière avec le Tchad », selon une déclaration transmise par la porte-parole de Ban Ki-moon. « Le Secrétaire général prend très au sérieux ces informations et appelle toutes les parties à éviter les hostilités, à respecter l'esprit du cessez-le-feu récemment déclaré par le gouvernement du Soudan et à coopérer avec l'Opération hybride UA-ONU au Darfour (MINUAD) dans l'enquête sur ces informations », poursuit la déclaration.

Par ailleurs, la MINUAD a indiqué mercredi que le chef médiateur adjoint pour le Darfour, Djibril Bassolé, était actuellement au Darfour dans le cadre de ses efforts pour relancer le processus de paix. Il a eu des consultations avec diverses parties au Darfour, dont la direction du Front uni pour la résistance (URF). Il a aussi rencontré l'assistant au président soudanais et dirigeant de l'Armée de libération du Soudan (SLA/M), Minni Minawi.

De son côté, le groupe d'experts sur le Soudan note dans un rapport rendu public mercredi que toutes les parties au Darfour continuent de commettre des violations flagrantes de l'embargo sur les armes. « Le gouvernement soudanais de même que les groupes armés du Darfour ont pu ainsi poursuivre leurs opérations militaires offensives à l'intérieur du Darfour comme à l'extérieur », souligne-t-il dans ce rapport remis au Conseil de sécurité. « À l'intérieur du Darfour, les agissements de toutes les parties montrent clairement qu'une solution militaire au conflit a été préférée à toute tentative sérieuse de pourparlers de paix. Les efforts visant à amener les belligérants à la table des négociations ou à les convaincre de conclure des cessez-le-feu ont échoué », estiment les experts.

« Les groupes armés du Darfour continuent à se fragmenter et l'insécurité s'aggrave sans qu'il n'y soit guère fait obstacle. Les survols militaires à caractère offensif se poursuivent impunément, tout comme les attaques commises par les principaux groupes armés et par l'armée soudanaise », ajoutent-ils.

Selon eux, le remplacement des forces de maintien de la paix de l'Union africaine par l'Opération hybride Union africaine-Organisation des Nations Unies n'a pas donné lieu aux avantages escomptés sur le plan de la sécurité. Dix mois après avoir été déployée, la nouvelle force continue d'être attaquée de la même façon que l'était la mission précédente et s'est révélée jusqu'ici incapable de se défendre et de protéger la population civile du Darfour ou de s'acquitter de l'obligation qui lui est faite dans les dispositions pertinentes de son mandat de vérifier l'embargo sur les armes.

« Dans ce contexte de violations continues, le conflit au Darfour s'est aussi considérablement étendu au niveau de la région. Les groupes armés du Darfour n'ont pas cessé de mener leurs attaques à l'extérieur du Darfour et ont même maintenant atteint la capitale du Tchad et celle du Soudan. Il est indéniable qu'une guerre est actuellement menée par procuration entre le Soudan et le Tchad, faisant appel à des acteurs non étatiques à l'intérieur et autour du Darfour », soulignent les experts.

Afin de faire face à cette situation, le groupe d'experts recommande que le Conseil de sécurité réexamine les options en vue d'étendre l'embargo sur les armes à l'ensemble du territoire du Soudan et d'y incorporer le Tchad et des zones du nord de la République centrafricaine. Il estime que la vérification de l'embargo sur les armes doit être immédiatement intégrée dans les structures opérationnelles de la MINUAD et dans d'autres opérations de maintien de la paix des Nations Unies ainsi que dans la force de protection de l'Union européenne déployée dans la région et que ces opérations doivent être dotées du mandat et des ressources nécessaires pour surveiller et appliquer vigoureusement cet embargo élargi.

Darfour : ONU tente de persuader les rebelles d'accepter l'offre de cessez-le-feu

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mardi 18 nov, 16 h 03

The Associated Press

EL FASHER, Soudan - La mission des Nations-unies au Darfour travaille à persuader les groupes rebelles d'accepter l'offre de cessez-le-feu et la proposition de pourparlers de paix formulées par le gouvernement soudanais il y a une semaine, a déclaré mardi le général Emmanuelle Karenzi, adjointe au commandant des troupes des Nations-unies dans le Pays.

Une enquête est en cours concernant des plaintes contradictoires de la part des rebelles et du gouvernement soudanais sur des violences récentes dans le nord du Darfour, a ajouté le général Karenzi.

Plusieurs rebelles ont déclaré que les avions du gouvernement avaient bombardé une zone proche d'une route majeure, alors que les autorités soudanaises ont affirmé que des rebelles avaient attaqué un convoi humanitaire sur cette route.

Les discussions avec les rebelles sont "en cours", a déclaré le général Karenzi. Dans un premier temps, les rebelles avaient estimé que la proposition de Khartoum était de la propagande.

"L'Union européenne appelle solennellement les autorités soudanaises à se conformer à leur engagement et invite toutes les parties à s'engager sur la même voie", souligne le ministère français des Affaires étrangères dans un communiqué adressé au nom de l'Union européenne.

"L'UE presse l'ensemble des parties à cesser les violences, à respecter le droit international humanitaire, et à s'engager activement dans la recherche d'une solution politique", poursuit le communiqué. L'Union "invite les mouvements rebelles à participer de manière constructive aux efforts actuels pour résoudre le conflit au Darfour", est-il écrit.

Le président soudanais Omar al-Bashir avait fait une offre de cessez-le-feu le 12 novembre et promis de désarmer les milices, l'une des principales demandes des rebell

lundi 27 octobre 2008

Soudan : la tragédie au Darfour

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L'article
Depuis mars 2003, la région du Darfour, au Soudan, le pays le plus grand d’Afrique, a connu des affrontements entre les forces gouvernementales soudanaises et les milices rebelles de l’Armée de libération du Soudan (ASL) et le Mouvement pour la justice et l’égalité (MJE), au cours desquels les civils ont été les cibles d’attaques meurtrières des milices arabes liées au gouvernement. Selon les Nations Unies, en septembre 2003, 65 000 Soudanais se sont réfugiés au Tchad, un pays voisin, tandis qu’au Darfour plus de 500 00 personnes déplacées ont nécessité une aide humanitaire urgente. L’ONU a lancé un appel de fonds de 23 millions de dollars alors que les pourparlers de paix entre le gouvernement et les forces rebelles échouaient à la suite de soupçons et d’accusations.
Photo HCR/Kitty McKinsey
Le Soudan est le théâtre d’une guerre civile depuis plus de deux décennies, avec le Darfour au cœur de la crise. Le Darfour, qui tire son nom de l’ethnie Four, l’une des principales tribus de la région, compte 6 millions d’Africains et d’Arabes musulmans. Les rebelles ont accusé le gouvernement à majorité arabe de discrimination contre les Africains qui sont également musulmans. Lorsque les combats ont éclaté, les milices arabes, appelés les Janjawids (qui signifie cavaliers armés de fusils), ont commencé à attaquer et à massacrer la population africaine, tandis que le gouvernement soudanais mettait en place une politique pour restreindre l’accès des travailleurs humanitaires.

« Le refus de l’accès est le principal obstacle aux efforts humanitaires dans la région », a déclaré Tom Eric Vraalsen, l’Envoyé spécial des Affaires humanitaires au Soudan, lors de sa visite dans la région en décembre 2003. Lui faisant écho, le Secrétaire général adjoint aux Affaires humanitaires, Jan Egeland, a dit : « La situation humanitaire au Darfour est rapidement devenue l’une des pires au monde. L’accès humanitaire est bloqué par les parties en conflit et, alors que les besoins sont de plus en plus urgents, les stocks d’approvisionnement en matériel et en vivres diminuent. »

Il aura fallu attendre le début de 2004 pour que le Président soudanais Omer Hassan Ahmed Al Bashir promette de fournir l’accès aux agents humanitaires, mais on estimait alors que plus de 750 000 Soudanais avaient été déplacés dans le pays et au moins 100 000 autres avaient fui au Tchad.

Département des opérations du maintien de la paix. Section de la cartographie
Selon M. Egeland, l’ONU et le personnel d’organisations non gouvernementales avaient reçu presque quotidiennement des rapports fiables faisant état d’atrocités, dont des meurtres, des viols et des pillages, et dénonçant le dépeuplement forcé de zones entières. Ces rapports indiquaient que les milices janjawids étaient principalement responsables des exactions perpétrées contre les membres des tribus ethniques Four, Zaghawas et Massalit. Le 8 avril 2003, le gouvernement soudanais, l’ASL et le MJE ont signé un accord de cessez-le-feu humanitaire à N’Djamena, la capitale du Tchad. Le Secrétaire général, Kofi Annan, s’en est félicité et s’est dit « convaincu que cet accord aboutira à une cessation immédiate des hostilités ainsi qu’à la fin des attaques perpétrées contre la population civile et facilitera l’accès humanitaire à toute les personnes qui ont besoin d’assistance et de protection ».

Les rapports de l’ONU ont cependant continué à signaler des actes de violence et des abus des droits de l’homme. En mai, dans une déclaration présidentielle, le Conseil de sécurité de l’ONU a appelé le gouvernement soudanais à neutraliser et à désarmer les Janjawids. Le nombre de personnes déplacées avait alors atteint 2 millions.

Lors d’une réunion de haut niveau qui a eu lieu à Genève en juin 2004, les institutions de l’ONU ont lancé un appel de fonds de 236 millions de dollars pour aider les populations au Darfour et les réfugiés au Tchad. En mai, le Programme alimentaire mondial (PAM) a apporté des secours à 600 000 personnes; le Bureau de coordination de l’aide humanitaire et le Centre commun de soutien logistique a fourni des tentes et des couvertures à 90 % des populations déplacées; les institutions de l’ONU et les ONG partenaires ont fourni de l’eau potable à environ 350 000 personnes; en juin, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance a lancé une campagne pour vacciner 2 millions d’enfants contre la rougeole et 100 000 contre la polio; et le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés a transféré près de 106 000 réfugiés au Tchad dans des camps plus sûrs.

Lors de sa visite au Soudan et au Tchad en juin, le Secrétaire général a déclaré que les réfugiés ou les personnes déplacées ne seront pas forcés de revenir dans leurs villages ou encouragés à le faire tant que la sécurité ne sera assurée dans la région. « La sécurité est essentielle pour eux et il est évident qu’elle devra être assurée avant qu’ils puissent revenir chez eux », a-t-il indiqué. En juin, M. Annan a également nommé Jan Pronk comme Représentant spécial pour le Soudan.

Au camp Zam Zam au Darfour. Photo ONU
Le 30 juillet, le Conseil de sécurité a adopté la résolution 1556 (2004), demandant que le gouvernement soudanais respecte ses engagements en désarmant les milices janjawids et en traduisant en justice les auteurs des violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire. Il a également prié le Secrétaire général de lui rendre compte des progrès accomplis dans les trente jours et de continuer par la suite une fois par mois. Dans son rapport du 30 août, M. Annan a dit que « rien n’indiquait au début du mois d’août que le gouvernement avait pris des mesures pour commencer à désarmer les Janjawids et les autres factions rebelles ».

Selon l’Organisation mondiale de la santé, en septembre 2004, la crise dans la région a fait plus de 200 morts par jour à cause du surpeuplement des camps, des conditions hygiéniques déplorables ainsi que des attaques brutales et violentes qui y étaient menées.

Le 18 septembre, le Conseil de sécurité a adopté la résolution 1564 (2004), faisant pression sur le gouvernement soudanais pour qu’il protège la population civile. Il a également demandé que le Secrétaire général établisse une commission internationale pour enquêter sur les violations du droit humanitaire international et des droits de l’homme, déterminer si des actes de génocide ont eu lieu et identifier les auteurs.
/www.un.org/french/pubs/chronique/2004/numero3/0304p70.html

jeudi 16 octobre 2008

Iran, Darfour, Corée du Nord: "pas de solutions sans la Chine" pour Nicolas Sarkozy le 27/5/2007 à 20h08 par AFP

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Iran, Darfour, Corée du Nord: "pas de solutions sans la Chine" pour Nicolas Sarkozy

le 27/5/2007 à 20h08 par AFP

Le président Nicolas Sarkozy a affirmé qu'il n'y aurait "pas de solutions" aux questions de l'Iran, du Darfour et de la Corée du Nord, "sans une implication forte et positive de la Chine", lors d'une conversation téléphonique avec le président chinois Hu Jintao, a rapporté l'Elysée.

La teneur de la conversation entre les présidents français et chinois a été rapportée à la presse par David Martinon, porte-parole de l'Elysée.

"Le président Hu Jintao a salué en Nicolas Sarkozy un vieil ami respecté du peuple chinois, qui a toujours veillé au rapprochement entre la France et la Chine", a rapporté M. Martinon.

En retour, le président Sarkozy a remercié le président chinois qu'il avait rencontré en janvier 2004 à Pékin et lui a affirmé: "la France ne reconnaît qu'une seule Chine".

M. Sarkozy "a souligné le rôle considérable de la Chine dans le monde". Pour lui, "il n'y aura pas de solution sur la question iranienne, sur la question du Darfour, sur la question de la Corée du Nord, sans une implication forte et positive de la Chine".

"Vous avez eu la gentillesse de dire que j'étais un vieil ami de la Chine, je vous le démontrerai. Nous parlerons de tous les sujets avec amitié mais aussi avec franchise. J'admire la Chine et je veux avoir avec les dirigeants chinois un contact confiant, régulier et amical", a dit le président français à son homologue chinois.

Le président Hu Jintao a invité le président Sarkozy à venir à Pékin "dès cette année", invitation que le président Sarkozy, "ravi de cette perspective", a acceptée "sans hésiter".

Enfin, M. Sarkozy a souhaité pour le peuple chinois "unité, prospérité et bonheur", a également affirmé le porte-parole.

La Chine, membre permanent du conseil de sécurité de l'ONU, critiquée par certains pour son soutien au Soudan, a annoncé début mai la création d'un poste de représentant spécial pour l'Afrique, dont la tâche immédiate sera de se consacrer au conflit du Darfour.

Le conflit qui sévit depuis plus de quatre ans au Darfour a fait 200.000 morts et deux millions de déplacés, selon l'ONU, des chiffres contestés par le Soudan, qui parle de seulement 9.000 morts.

Darfour : L'ONU devrait déployer 4.500 soldats supplémentaires avant 2009

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Darfour : L'ONU devrait déployer 4.500 soldats supplémentaires avant 2009

Le chef des opérations de maintien de la paix des Nations Unies, Alain Le Roy, avec Minni Minawi, chef de l'Armée de libération du Soudan, à El Fasher, au Nord Darfour.

10 octobre 2008 – Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Alain Le Roy, a annoncé lors de sa visite à El-Fasher, au Darfour, que les Nations Unies avaient l'intention de déployer au moins 4.500 soldats d'ici à la fin de l'année, portant le total à 65% du nombre de troupes prévues.

Alain Le Roy a fait cette annonce lors d'une entrevue avec des représentants de personnes déplacées de trois camps du Nord Darfour, jeudi à El Fasher, a rapporté vendredi la porte-parole adjointe du Secrétaire général, Marie Okabe, lors de son point de presse quotidien, au siège de l'ONU, à New York.

Le Secrétaire général adjoint a ajouté que le Département des opérations de maintien de la paix de l'ONU (DPKO selon l'acronyme anglais) prévoyait aussi avec l'Opération hybride UA-ONU au Darfour (MINUAD) d'accroître le nombre de policiers dans les camps de réfugiés.

Lors de rencontres avec des représentants de la société civile de différentes parties du Nord-Darfour, ceux-ci ont jugé que le seul moyen de réaliser la paix au Darfour était de « faire pression » sur toutes les parties impliquées à s'assoir à la même table.

Alain Le Roy a quitté El-Fasher vendredi pour El-Geneina, dans le Darfour-Ouest, pour la deuxième partie de son voyage dans cette vaste région de l'ouest du Soudan.

Alain Le Roy devait aussi se rendre à Nyala, au Sud-Darfour, où il devait rencontrer des représentants des autorités locales, des personnes déplacées et des membres du personnel de la MINUAD, a dit la porte-parole.

Par Centre de Presse de l'ONU

/www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=17525&Cr=Darfour

lundi 13 octobre 2008

Les Arabes établiront un comité légal pour soutenir le Soudan

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2008-10-13 10:18:38

LE CAIRE, 12 octobre (Xinhua) -- Les ministres arabes de la Justice se sont mis d'accord d'établir un comité légal pour soutenir le Soudan face à la crise avec la Cour pénale internationale (CPI), a annoncé dimanche le ministre soudanais de la Justice Abdel-Basit Saleh Sabdarat au Caire.

Les ministres ont pris la décision d'établir un comité au sein d'une session extraordinaire qui s'est déroulée dimanche à la Ligue arabe (LA) au Caire, a précisé M. Sabdarat devant la presse à la suite de la session.

La demande du procureur en chef de la CPI de poursuivre le président Omar al-Bashir est "motivée politiquement" et manque de base légale crédible, a exprimé M. Sabdarat.

Sur demande du Soudan, les ministres arabes ont enquêté sur l'action du procureur en chef de la CPI, qui a provoqué de vives critiques dans le monde arabe.

Dans un communiqué publié après la réunion, les ministres arabes ont exprimé leur solidarité avec le Soudan, critiquant toute tentative d'utiliser les principes internationaux judiciaires pour les objectifs politiques.

Le 14 juillet, le procureur en chef de la CPI Luis Moreno-Ocampo a officiellement demandé l'arrestation de M. al-Bashir pour les crimes de guerre commis dans la région occidentale de Darfour, qui a été vivement réfutée par le gouvernement soudanais.

Le gouvernement soudanais a refusé de reconnaître la CPI car le Soudan n'a pas signé le Statut de Rome pour l'établissement de la CPI.

Par://www.french.xinhuanet.com/french/2008-10/13/content_738779.htm

samedi 11 octobre 2008

La sécurité au Darfour se détériore, selon Ban Ki-moon


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La sécurité au Darfour se détériore, selon Ban Ki-moon

NEW YORK (AFP) — La sécurité se détériore au Darfour et la force conjointe ONU-Union africaine (Minuad) chargée de protéger les populations est sollicitée au-delà de ses capacités, a déploré mardi le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.

"La situation au Darfour se détériore. On assiste à une augmentation des attaques contre les humanitaires et les personnels de l'ONU," a dit M. Ban dans une conférence de presse, citant l'embuscade dans laquelle un soldat nigérian de la Minuad a été tué. "La mission est sollicitée au-delà de ses capacités", a-t-il affirmé.

Un Casque bleu de la Minuad a été tué par balle mardi par des dizaines d'hommes en armes qui ont pris sa patrouille en embuscade au Darfour, dans l'ouest du Soudan. Sa mort porte à dix le nombre de soldats de cette force tués depuis le début de la mission, le 31 décembre 2007.

M. Ban a indiqué que cette insécurité était la raison pour laquelle il avait envoyé les nouveaux chefs des départements de maintien de la paix, Alain Le Roy, et de soutien logistique de l'ONU, Susana Malcorra, au Soudan, "pour accélérer le déploiement et faire avancer le processus politique, sans lequel il ne peut y avoir de paix".

Le secrétaire général a indiqué qu'il escomptait un déploiement à 65% de la Minuad à la fin de l'année et à 85% d'ici à mars 2009.

Mais il a précisé que ces chiffres devraient être ajustés "compte tenu des conditions sur place". L'ONU avait auparavant espéré un déploiement à 80% fin 2008.

M. Ban a affirmé que des contingents spécialisés thaïlandais et népalais, très attendus, devraient rejoindre la force vers la fin octobre et que des négociations se poursuivaient pour obtenir des hélicoptères et du personnel ukrainiens.

La Minuad, pour laquelle le Conseil de sécurité a autorisé un maximum de 26.000 soldats et policiers, a commencé à se mettre en place début janvier. Son déploiement se heurte à de grosses difficultés, généralement imputées au manque de coopération du gouvernement soudanais, et elle a été la cible d'attaques meurtrières.

Mais elle manque également d'équipements que seuls les pays d'un certain niveau de développement sont à même de fournir, notamment 24 hélicoptères de transport et de combat dont elle a besoin pour protéger correctement les civils, dans une région grande comme la France.

Le conflit au Darfour, province occidentale du Soudan où s'affrontent depuis février 2003 forces gouvernementales appuyées par des milices arabes et mouvements rebelles, a fait jusqu'à 300.000 morts selon l'ONU, quelque 10.000 selon Khartoum.

Par AFP.

mardi 30 septembre 2008

Sarkozy propose un deal à el-Béchir


Sarkozy propose un deal à el-Béchir
Le président français Nicolas Sarkozy a souhaité mardi à New York que le Soudan change "radicalement" de politique et qu'il n'était pas opposé, dans cette éventualité, à une suspension des poursuites envisagées contre son président Omar el-Béchir.
"La France veut que les autorités soudanaises changent radicalement de politique. C'est maintenant à M. Béchir de savoir ce qu'il veut", a déclaré M. Sarkozy lors d'une conférence de presse à l'occasion de l'Assemblée générale des Nations unies.

"Nous voulons le déploiement de la force internationale au Darfour pour arrêter le scandale des dizaines de milliers de morts dans cette région. Nous voulons la paix au Soudan, nous voulons la paix et l'intégrité pour le Tchad et nous voulons que des gens qui sont accusés de génocide ne restent pas ministres dans le gouvernement soudanais", a-t-il poursuivi.

"Si les autorités soudanaises changent complètement de politique, alors la France n'est pas opposée à ce que soit utilisé l'article 16", a indiqué Nicolas Sarkozy, "la France ne veut pas de la déstabilisation de M. Béchir (...) mais la France aussi entend qu'un certain nombre de principes soient respectés".

Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a demandé en juillet aux juges de ce tribunal l'émission d'un mandat d'arrêt contre le président el-Béchir, accusé de génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour, région de l'ouest du Soudan déchirée depuis 2003 par la guerre civile.

L'article 16 des statuts de la CPI prévoit que les 15 membres du Conseil de sécurité peuvent voter une résolution pour différer de douze mois renouvelables toute enquête ou poursuites initiées par la CPI.

Le 230 septembre 2008

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Un hélicoptère de la Minuad s’écrase au Darfour

Un hélicoptère affrété par la force mixte de l'ONU-Union africaine au Darfour (Minuad) s'est écrasé lundi dans cette région de l'ouest du Soudan, tuant les quatre membres d'équipage, ont indiqué des responsables. L'hélicoptère, qui selon la police a été abattu, avait été affrété par la Minuad pour transporter des vivres à destination de l'une de ses équipes dans l'Etat du Darfour Sud.
L'appareil, avec à son bord deux tonnes de fournitures, s'est écrasé peu après son décollage de l'aéroport de Nyala, "capitale" du Darfour Sud.

Il se serait écrasé près du camp de réfugiés de Kalma, un camp tentaculaire situé aux abords de Nyala et qui abrite des personnes déplacées.

"Un hélicoptère affrété par la Minuad a fait l'objet de tirs à partir du camp de Kalma", a déclaré le général de police Hachem Osman.

"Les quatre membres d'équipage, trois Russes et un Soudanais, ont tous été tués", a-t-il dit.

Une équipe d'enquêteurs de la police a été dépéchée sur les lieux, tandis que le général Osman a accusé des rebelles du Darfour.

"Les gens qui ont fait ça pourraient faire partie d'un des mouvements (rebelles)", a dit l'officier aux journalistes.

La Minuad a ouvert une enquête sur les causes de cet accident, tentant en particulier de vérifier des informations faisant état de tirs contre l'appareil.

"Il y a des rumeurs selon lesquelles l'hélicoptère a essuyé des tirs, mais nous ne pouvons ni le confirmer ni le démentir à ce stade", a dit le porte-parole de la Minuad, Kemal Saiki.

"Nous sommes en train d'enquêter et nous avons également dépêché une équipe de secouristes sur les lieux".

L'hélicoptère appartient a une société privée soudanaise mais est peint en blanc, comme c'est l'usage pour les appareils utilisés par l'ONU.

La semaine dernière, la présidence française de l'Union européenne avait condamné l'utilisation par les autorités soudanaises d'avions "blancs" dans ses opérations militaires au Darfour, alimentant "volontairement des confusions" avec les appareils de l'ONU. Khartoum avait démenti ces accusations.

Des rebelles ont également affirmé que des appareils peints en blanc avaient effectué des repérages de leurs positions, mettant en garde contre les dangers d'une situation où leurs combattants se mettraient à considérer les avions blancs comme une menace.

Quatre hélicoptères de la Minuad ont essuyé des tirs depuis la mise en place de la force, dont deux depuis le début du mois.

Le conflit au Darfour, dans l'ouest du Soudan, a fait jusqu'à 300.000 morts depuis 2003, selon l'ONU, quelque 10.000 selon Khartoum.

Publié le 29 September 2008.
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jeudi 25 septembre 2008

TCHAD RCA: Ban Ki Moon recommande une force de L'ONU

Source: United Nations News Service 17 Sep 2008


Le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon recommande dans un rapport rendu public mercredi que le Conseil de sécurité crée une force militaire des Nations Unies d'un maximum de 6.000 hommes pour remplacer l'Opération militaire de l'Union européenne en République du Tchad et en République centrafricaine (EUFOR).

«Je recommande que le Conseil de sécurité envisage la création, au titre du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, d'une force militairedes Nations Unies constituée d'un maximum de 6.000 hommes et de moyens logistiques, qui prendra la relève de l'EUFOR », écrit le Secrétaire général dans ce rapport remis au Conseil de sécurité.

Il exhorte en outre «les États Membres qui ont les capacités nécessaires à s'employer avec le Département des opérations de maintien de la paix à mettre en place une présence 'transhorizon' de réserve, dotée des moyens d'appui appropriés et pouvant être déployée rapidement pour étayer la mise enœuvre du mandat de la Mission si la situation en matière de sécurité venait à exiger des moyens supérieurs à ceux d'une opération demaintien de la paix de l'ONU ».

Il recommande aussi que «le Conseil de sécurité envisage de conserver à l'état de projet la résolution autorisant le déploiement d'une telle force, jusqu'à ce que le Secrétariat ait reçu des engagements fermes de la part des États Membres concernant les troupes et les autres éléments d'appui indispensables à la mission. » «Dans l'intervalle, l'ONU pourrait explorer avec l'Union européenne la possibilité d'une prorogation limitée de la présence de l'EUFOR pour pallier tout décalage possible entre la fin du mandat de celle-ci et l'arrivée sur place de la nouvelle force des Nations Unies, si la constitution des forces devait poser des difficultés à l'Organisation », ajoute-t-il.

Ban Ki-moon se dit fermement convaincu qu'une présence élargie des Nations Unies dotée d'une composante militaire serait la mieux à même de contribuer à la protection et au retour des réfugiés et des déplacés sila Mission des Nations Unies en République centrafricaine et au Tchad (MINURCAT) collaborait plus étroitement avec tous les acteurs participant aux activités à l'appui du processus de paix au Tchad.

Concernant la situation sécuritaire au Tchad et en République centrafricaine, le Secrétaire général estime que des progrès ont été faits en matière de consolidation de la paix et de la stabilité et il félicite lesdirigeants de ces deux pays pour les efforts qu'ils font en ce sens.