lundi 27 octobre 2008

Soudan : la tragédie au Darfour

Bienvenu sur le blog de l'Association sauver Le Darfour RCA.

L'article
Depuis mars 2003, la région du Darfour, au Soudan, le pays le plus grand d’Afrique, a connu des affrontements entre les forces gouvernementales soudanaises et les milices rebelles de l’Armée de libération du Soudan (ASL) et le Mouvement pour la justice et l’égalité (MJE), au cours desquels les civils ont été les cibles d’attaques meurtrières des milices arabes liées au gouvernement. Selon les Nations Unies, en septembre 2003, 65 000 Soudanais se sont réfugiés au Tchad, un pays voisin, tandis qu’au Darfour plus de 500 00 personnes déplacées ont nécessité une aide humanitaire urgente. L’ONU a lancé un appel de fonds de 23 millions de dollars alors que les pourparlers de paix entre le gouvernement et les forces rebelles échouaient à la suite de soupçons et d’accusations.
Photo HCR/Kitty McKinsey
Le Soudan est le théâtre d’une guerre civile depuis plus de deux décennies, avec le Darfour au cœur de la crise. Le Darfour, qui tire son nom de l’ethnie Four, l’une des principales tribus de la région, compte 6 millions d’Africains et d’Arabes musulmans. Les rebelles ont accusé le gouvernement à majorité arabe de discrimination contre les Africains qui sont également musulmans. Lorsque les combats ont éclaté, les milices arabes, appelés les Janjawids (qui signifie cavaliers armés de fusils), ont commencé à attaquer et à massacrer la population africaine, tandis que le gouvernement soudanais mettait en place une politique pour restreindre l’accès des travailleurs humanitaires.

« Le refus de l’accès est le principal obstacle aux efforts humanitaires dans la région », a déclaré Tom Eric Vraalsen, l’Envoyé spécial des Affaires humanitaires au Soudan, lors de sa visite dans la région en décembre 2003. Lui faisant écho, le Secrétaire général adjoint aux Affaires humanitaires, Jan Egeland, a dit : « La situation humanitaire au Darfour est rapidement devenue l’une des pires au monde. L’accès humanitaire est bloqué par les parties en conflit et, alors que les besoins sont de plus en plus urgents, les stocks d’approvisionnement en matériel et en vivres diminuent. »

Il aura fallu attendre le début de 2004 pour que le Président soudanais Omer Hassan Ahmed Al Bashir promette de fournir l’accès aux agents humanitaires, mais on estimait alors que plus de 750 000 Soudanais avaient été déplacés dans le pays et au moins 100 000 autres avaient fui au Tchad.

Département des opérations du maintien de la paix. Section de la cartographie
Selon M. Egeland, l’ONU et le personnel d’organisations non gouvernementales avaient reçu presque quotidiennement des rapports fiables faisant état d’atrocités, dont des meurtres, des viols et des pillages, et dénonçant le dépeuplement forcé de zones entières. Ces rapports indiquaient que les milices janjawids étaient principalement responsables des exactions perpétrées contre les membres des tribus ethniques Four, Zaghawas et Massalit. Le 8 avril 2003, le gouvernement soudanais, l’ASL et le MJE ont signé un accord de cessez-le-feu humanitaire à N’Djamena, la capitale du Tchad. Le Secrétaire général, Kofi Annan, s’en est félicité et s’est dit « convaincu que cet accord aboutira à une cessation immédiate des hostilités ainsi qu’à la fin des attaques perpétrées contre la population civile et facilitera l’accès humanitaire à toute les personnes qui ont besoin d’assistance et de protection ».

Les rapports de l’ONU ont cependant continué à signaler des actes de violence et des abus des droits de l’homme. En mai, dans une déclaration présidentielle, le Conseil de sécurité de l’ONU a appelé le gouvernement soudanais à neutraliser et à désarmer les Janjawids. Le nombre de personnes déplacées avait alors atteint 2 millions.

Lors d’une réunion de haut niveau qui a eu lieu à Genève en juin 2004, les institutions de l’ONU ont lancé un appel de fonds de 236 millions de dollars pour aider les populations au Darfour et les réfugiés au Tchad. En mai, le Programme alimentaire mondial (PAM) a apporté des secours à 600 000 personnes; le Bureau de coordination de l’aide humanitaire et le Centre commun de soutien logistique a fourni des tentes et des couvertures à 90 % des populations déplacées; les institutions de l’ONU et les ONG partenaires ont fourni de l’eau potable à environ 350 000 personnes; en juin, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance a lancé une campagne pour vacciner 2 millions d’enfants contre la rougeole et 100 000 contre la polio; et le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés a transféré près de 106 000 réfugiés au Tchad dans des camps plus sûrs.

Lors de sa visite au Soudan et au Tchad en juin, le Secrétaire général a déclaré que les réfugiés ou les personnes déplacées ne seront pas forcés de revenir dans leurs villages ou encouragés à le faire tant que la sécurité ne sera assurée dans la région. « La sécurité est essentielle pour eux et il est évident qu’elle devra être assurée avant qu’ils puissent revenir chez eux », a-t-il indiqué. En juin, M. Annan a également nommé Jan Pronk comme Représentant spécial pour le Soudan.

Au camp Zam Zam au Darfour. Photo ONU
Le 30 juillet, le Conseil de sécurité a adopté la résolution 1556 (2004), demandant que le gouvernement soudanais respecte ses engagements en désarmant les milices janjawids et en traduisant en justice les auteurs des violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire. Il a également prié le Secrétaire général de lui rendre compte des progrès accomplis dans les trente jours et de continuer par la suite une fois par mois. Dans son rapport du 30 août, M. Annan a dit que « rien n’indiquait au début du mois d’août que le gouvernement avait pris des mesures pour commencer à désarmer les Janjawids et les autres factions rebelles ».

Selon l’Organisation mondiale de la santé, en septembre 2004, la crise dans la région a fait plus de 200 morts par jour à cause du surpeuplement des camps, des conditions hygiéniques déplorables ainsi que des attaques brutales et violentes qui y étaient menées.

Le 18 septembre, le Conseil de sécurité a adopté la résolution 1564 (2004), faisant pression sur le gouvernement soudanais pour qu’il protège la population civile. Il a également demandé que le Secrétaire général établisse une commission internationale pour enquêter sur les violations du droit humanitaire international et des droits de l’homme, déterminer si des actes de génocide ont eu lieu et identifier les auteurs.
/www.un.org/french/pubs/chronique/2004/numero3/0304p70.html

1 commentaire:

Anastácio Soberbo a dit…

Olá, goût très du Blogue.
Désolé de ne pas écrire plus, mais mon français écrit est mauvais.
Une étreinte du Portugal