Dimanche 8 mars 2009
Soudan: Béchir arrive au Darfour 4 jours après le mandat d'arrêt de la CPI
EL-FACHER (Soudan) Le président soudanais Omar el-Béchir est arrivédimanche au Darfour, quatre jours après le mandat d'arrêt émis contrelui par la Cour pénale internationale (CPI) pour des crimes dans cetterégion de l'ouest soudanais, selon un correspondant de l'AFP sur place.
Ce conflit a fait 300.000 morts selon l'ONU --mais seulement 10.000 selon Khartoum--, ainsi que plus de 2,7 millions de déplacés.
Ce voyage est perçu comme une forme de défiance à l'égard des capitalesoccidentales qui avaient multiplié les critiques contre le présidentsoudanais après la décision de Khartoum d'expulser 13 des plusimportantes ONG actives dans cette zone.
Les Etats-Unis et d'autres pays avaient déjà demandé jeudi au Soudan derevenir sur cette décision, critiquée également par l'ONU et l'Unioneuropéenne.
La CPI a délivré le 4 mars un mandat d'arrêt contre Omar el-Béchir pourcrimes de guerre et contre l'humanité au Darfour, mais ce dernier y arépondu avec véhémence et a décidé d'expulser ces 13 ONG.
"Siquelqu'un veut nous combattre, il ne devrait pas passer par desrésolutions du Conseil de sécurité (de l'ONU) ou la CPI, mais plutôtvenir sur notre sol pour se battre", a lancé samedi M. Béchir lors d'undiscours à Khartoum devant des partisans venus du Sud-Soudan.
"Les ONG expulsées sont des voleurs. Elles gardent 99% des fonds pour elles-mêmes et ne donnent que 1% à la population du Darfour", a-t-il accusé.
Ladécision de Khartoum va priver de nourriture, d'eau potable et de soinsde santé plus d'un million de personnes au Darfour, selon desresponsables onusiens.
L'ONU a averti que des milliers de personnes risquaient de mourir du fait de cette décision.
Desresponsables onusiens craignent aussi des mouvements de populationmassifs au Darfour si les services essentiels ne sont pas assurés dansles camps, ce qui pourrait augmenter l'exposition des civils auxcombats entre rebelles et soldats.
"Ce n'est pas possible, dans un délai raisonnable, de remplacer lacapacité et l'expertise que ces ONG ont fournies sur une longuepériode", ont souligné samedi les agences de l'ONU au Soudan dans uncommuniqué.
Quelque 85 ONG internationales sont actives au Darfour, mais les 13 expulsées "comptent pour plus de la moitié de la capacité des opérations humanitaires", ont-elles regretté.
Enfait, plusieurs ONG mettent en oeuvre des programmes des agences del'ONU, comme l'américaine Care qui distribue une part importante de lanourriture acheminée au Darfour par le Programme alimentaire mondial(PAM).
"En expulsant ces organisations, c'est comme si l'on s'attaquait defacto à l'ONU", a déclaré à l'AFP un humanitaire sous couvert del'anonymat.
Ladécision de Khartoum accroît à court terme la pression sur les ONG surle terrain, qui devront faire davantage sans bénéficier de plus demoyens.
©AFP / 08 mars 2009
Les autorités avaient confirmé samedi la visite du président soudanaisà El-Facher et Nyala, les deux grandes villes du Darfour, région enproie à une guerre civile depuis 2003.
par Centrafrique-Presse.com publié dans : La Une

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